On vit tranquillement. Il fait bon dans le pays. Les récoltes peuvent à nouveau nourrir, on fait ce qu’on peut pour reconstruire les décombres de la guerre.
Puis un jour les allemands débarquent. Prennent possession de nos terres. On nous demande de partir. On ne sait pas pourquoi. On ferme la maison, on prend quelques affaires, et puis on suit les autres. On nous fais monté dans des wagons à bestiaux, mais nos affaires nous sont arrachées. On est serré, si serré, il n’y a rien à manger, le voyage dur des jours, les femmes pleurent, les enfants crient, les hommes sont terrorisés. Il n’y a pas d’eau, et des malades, des vieillards, des nourrissons, jonchent le sol de ces wagons corbillards.
On arrive. On nous fait sortir, on nous compte, on entasse les cadavres.
Les hommes entre 18 et 55 ans, d’un coté.
Les femmes, enfants, vieillards, de l’autre.
On essaye de se rassurer. On nous prend le peu qui nous reste.
Personne ne sait ce qui se passe, personne ne sait ou on va. Mais on se doute qu’on voyait sa famille pour la dernière fois…
Pendant ce temps, au pays, les maisons des disparus sont pillées, des familles dénoncées, des traîtres exécutés, la peur fait collaborer…
2 enfants de 2 ans et 5 ans, déportés à Majdanek en mars 1944, gazés sur place. Photographie de février 1944.
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